Le vieillissement de la population, en France mais très largement dans le Monde, est un défi sociétal bien identifié aujourd’hui. En 2035, le nombre des seniors devrait connaître une hausse de 80%. Les régions françaises sont toutes concernées, mais à des degrés divers. La région Occitanie se trouve dans une situation particulière : une forte « gérontocroissance » est observée, due à sa structure démographique et aux migrations des personnes âgées (attractivité de la région), mais parallèlement on note une forte augmentation des moins de 20 ans.
Selon l’INSEE, la région Occitanie fait partie des régions dont la population croîtra le plus d’ici 2020 et sa diversité géographique accentue sa particularité. En outre, le marché mondial de la Silver Economie recouvrant l’ensemble des activités aussi bien industrielles que de services visant le marché des seniors (hors activités relevant du domaine du soin) est estimé en 2013 à 92 milliards d’euros (consommation des produits et services conçus pour les plus de 60 ans) et devrait dépasser les 120 milliards en 2020 : soit 4% de croissance par an. C’est dire que la Région est particulièrement concernée par les enjeux d’une filière économique du vieillissement. Plus encore qu’ailleurs se pose la question d’un véritable contrat de génération macro-économique. Cet enjeu est abordé au niveau national par les volets sociétaux et médico-sociaux et de plus en plus simultanément sous l’angle du développement économique. Les deux axes sont à prendre en compte pour adapter la société à son propre vieillissement et tenter de relever ce défi économique. L’espérance de vie augmente, et entraîne avec elle une croissance du nombre de séniors.

Des changements s’opèrent dans la société et ont un impact direct sur le mode de vie des personnes âgées. En effet, l’INSEE fait état d’une augmentation du taux de familles monoparentales (28% en 1995 contre 15% en 1960 dans l’Union Européenne). L’isolement se fait alors progressivement après l’arrêt de l’activité professionnelle qui réduit considérablement le réseau relationnel. De plus, la société étant devenue plus individualiste, les personnes âgées, confrontées à des problèmes de santé et de mobilité survenants avec l’âge, se retrouvent vite dans une situation d’isolement qui les conduit à un manque de stimulations extérieures. Leurs capacités cognitives ainsi que physiques se dégradent et conduisent à une perte progressive d’autonomie, qui mène à une certaine dépendance. Des structures spécialisées naissent de ces changements sociaux : Etablissements d’Hébergement pour les Personnes Âgées (EHPA), Etablissements d’Hébergement pour les Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD), villages et résidences séniors… On note une réelle volonté d’aménagement du territoire pour répondre à ces enjeux. Néanmoins, ces structures spécialisées se retrouvent aujourd’hui dans une situation d’engorgement puisque les places y sont limitées et onéreuses. Enfin, nombreux sont les séniors qui veulent rester chez eux le plus longtemps possible, ce qui n’est pas toujours possible à cause de problèmes de mobilité. L’Etat commence à proposer des solutions dans les établissements spécialisés, mais il est difficile de mettre en place des solutions de proximité pour les personnes âgées désireuses de rester chez elles. Cela peut en revanche se faire en passant par les mairies, ou en créant des solutions de proximité. Cet enjeu soulève donc une problématique majeure qui est à la fois territoriale et économique.